La Stratégie du Vilain Petit Canard

Dimanche dernier, je me suis risqué à voir « La Conquête ». On devrait prendre des risques plus souvent…

Le film de Xavier Durringer avec Denis Podalydès est en effet un petit bijou de réalisation et surtout d’incarnation – pas d’imitation – de Nicolas Sarkozy et des méandres de la politique française. Ceci dit, n’étant pas critique de cinéma, je n’irai pas plus loin dans l’analyse cinématographique.

Non, ce que je trouve admirable, c’est finalement le formidable spot de pub – ou mieux : film de propagande – qu’il représente pour notre président. Certains diront qu’ils voient difficilement une quelconque propagande honorable dans le portrait d’un homme colérique, égoïste, détesté de tous et qui préfère son ambition politique à sa femme. Or c’est précisément, ce portrait miséreux et malheureux de Sarkozy arrivant finalement au pouvoir, qui rend le film efficace. Le secret : Sarkozy réussit ici en se positionnant en vilain petit canard.

Car quel est véritablement le scénario de La Conquête sinon celui d’un homme, au départ rejeté des plus hautes instances du pouvoir et qui, à force de volonté et de détermination, devient le cygne flamboyant le soir d’une élection triomphante ?

En publicitaire, j’ai ainsi vu La Conquête comme un grand et beau film de marque. La marque Sarkozy, aujourd’hui en grande difficulté, qui à défaut d’apporter de nouveaux bénéfices produits concluants, réaffirme son histoire, sa philosophie et tout ce qui a fait son succès.

(Attention, loin de moi cependant l’idée que le film ait été commandité par l’intéressé et blâmé soit le hasard du calendrier qui fait que la sortie du film advienne au moment où la droite s’apprête à repartir en campagne…Je vois le mal partout ? Oui mais que voulez-vous, Nicolas Sarkozy a tellement placé son image et son règne au cœur des média et des opérations de marketing, que plus aucune biographie ou allusion à sa personne ne peut être pris pour autre chose qu’une action de communication, donc de marque.)

Sarkozy est donc une marque qui, à travers cette stratégie du vilain petit canard, parvient à nous attendrir avec ses faiblesses et ses combats. Plongeant le spectateur dans son intimité, elle se recréé une humanité et donc une proximité avec ses consommateurs. On se prend alors à aimer la marque Sarkozy, notre vilain petit canard à nous, comme nous…

Ainsi, on aura ainsi beau lui reprocher ses résultats et sa gestion, Sarkozy restera la marque de la détermination et de la volonté envers et contre tout. Des valeurs que récupèreraient bien beaucoup de marques, lesquelles ne refuseraient pas non plus un spot de pub d’1h30 !

Nicolas Sarkozy, we try harder !

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