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Les mots reprennent leurs marques

Ami et néanmoins confrère concepteur-rédacteur, toi qui pensais ton époque révolue. Toi qui te forçais à n’être que concepteur à l’heure où il n’y avait d’écriture publicitaire respectable que celle consistant à satisfaire les exigences cannoises de campagnes toutes plus muettes les unes que les autres. Toi dont le talent ne pouvait se remarquer qu’aux quelques mots d’une base line rappelant trop basiquement le bénéfice produit et présentant un style bien trop fade pour concurrencer les images toujours trop fortes d’un art director dominant. Toi qui t’es récemment demandé si finalement tu savais encore écrire…

Réjouis–toi, la crise est là !

Elles s’appellent Smart, Arte et Meetic. Trois grandes marques et aujourd’hui trois grandes campagnes 100% typo récemment affichées sur nos murs. Alors coïncidence de choix graphique ? Pompage de style ? Tendance créative ?…et si il n’y avait pas eu tout simplement à la base de ces trois campagnes, un brief interdisant l’achat d’art…

Avec la crise, on ne peut imaginer que la création ne souffre elle-aussi des efforts de restriction, à commencer par la rationalisation des coûts de production. Si les annonceurs ne se privent pas de communiquer, en revanche le coût d’une production d’image et des droits afférant à son exploitation sont de plus en plus souvent remis en cause.

Sans achat d’art, les teams créatifs vont donc se retrouver dans l’obligation de travailler l’exécution graphique de leur création autour de la seule interprétation complètement gratuite de leur idée : les mots !

Mauvaise nouvelle ? Bien sûr que non ! J’y vois là l’occasion de réveiller une véritable culture typographique dans la pub française. En effet, très peu, trop peu de campagnes aujourd’hui osent la seule existence typographique d’un message simple. On se méfie des messages longs, verbeux…alors que le choix judicieux d’une police de caractère peut véritablement transformer les messages en visuels dignes d’intérêt et très différenciant.

Les messages typo sont aussi annonciateurs d’une pub plus proche, plus « populaire » au sens noble du terme, c’est-à-dire appropriable par tous par le moyen du langage.

On veut peut-être trop souvent montrer le produit, l’utilisateur, les effets du produit sur l’utilisateur… au risque peut-être d’oublier qu’une affiche s’adresse à quelqu’un.

Une réelle tendance donc qu’il faut aussi rapprocher des styles de communication propres aux réseaux sociaux. Tweets et statuts sont ainsi devenus autant d’accroches et de micros annonces tactiques que les marques déploient sur leurs espaces dédiés. La pub d’image des grands médias doit maintenant cohabiter avec ces nouvelles « social-ads » beaucoup moins onéreuses et plus réactives !

Qu’on se le dise : les marques reprennent la parole, la vraie. Restent aux annonceurs à leur construire de vrais discours et aux commerciaux d’agence de se pencher (un peu plus) sur la case « message » de leurs briefs !

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Mon réseau social lave-t-il plus blanc ?

2002 naissance de Facebook, le plus grand réseau social au monde valorisé aujourd’hui à près de 70 milliards de dollars. Et voilà qu’arrive maintenant Google+, son wannabe alter ego !

La raison ? Une simple réaction de concurrent. Un peu comme un lessivier qui sort une lessive pour contrer un autre lessivier et lui prendre des parts de marché.

Google sort donc sa nouvelle lessive – qui comme celle de son concurrent – est un réseau social qui met en relation des gens entre eux. Il y a des différences, certains diraient même des « + » produits…mais un réseau social est-il un produit comme un autre ?

Sachant que je base toute ma vie connectée sur Facebook, que j’ai passé plusieurs années à créer mon réseau de « friends » sur Facebook et que Facebook est devenu depuis bientôt 10 ans l’égal du bistrot d’à côté où une majorité d’internautes vient spontanément se retrouver parfois plusieurs heures par jour…pensez-vous vraiment que je vais changer mes habitudes, mes repères, mes contraintes pour quelques « + » ???

Créer un nouveau réseau social pour simplement laver un peu plus blanc que son concurrent ne relève pas de l’intérêt de l’utilisateur. Intérêt pour un site comme Facebook qui réside je le pense dans son caractère essentiel, c’est-à-dire fondateur d’une interaction unique et structurante. Proposer le même type d’interaction impliquant quasiment la même communauté que Facebook revient en vérité à ne susciter autour de Google+ qu’un intérêt très accessoire. En clair : je tenterai l’expérience de créer mes cercles d’amis, mais il est peu probable que je les fasse vivre car ils ne sont que des clones quelque peu améliorés de ma communauté virtuelle d’origine !

Ajouté au constat de la baisse généralisée de la fréquentation des réseaux sociaux, on ne peut qu’émettre des doutes quand au succès de la nouvelle plateforme de Google.

Les sites qui lavent plus blanc, à force c’est lessivant…