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Est-ce que je plais à ma marque ?

C’est peut-être la question que devront peut-être bientôt se poser les consommateurs !

La marque Abercrombie & Fitch vient en effet de demander expressément à Mike « The Situation » Sorrentino, un jeune playboy de la télé réalité américaine, de ne plus porter ses vêtements…et propose même de le payer afin qu’il s’exécute ! La marque estimant subir un « préjudice significatif » de la part du jeune homme bodybuildé et de son attitude pendant le show.

Vous vous rendez compte ? Moi qui croyais pendant toutes ces années que c’était le rôle exclusif des marques de séduire les consommateurs, me voilà contraint de me poser clairement la question de ma légitimité à utiliser un Iphone, de porter un Levi’s et de commencer à établir un bilan objectif de ma carrière afin de déterminer si oui ou non, à l’approche de la retraite, j’aurai suffisamment réussi ma vie afin d’arborer à mon poignet sans la ternir, une Rolex.

Devrons-nous bientôt instaurer un principe de jouissance de marque au mérite ? Les marques sont elles là pour rehausser notre image ou pour affirmer un statut ? Et que penser de cette belle jeunesse de banlieue vivant dans la sermi entre les murs de la téci se faisant parfois courser par les keufs en conduisant…BMW et Mercedes. Les constructeurs allemands comme d’autres marques, ont-ils véritablement les moyens d’être aussi select au niveau de leurs cibles dans un contexte de crise et d’objectifs financiers toujours plus hauts ?

Une petite discussion avec Eric Bertin, Directeur des Stratégies et mon partenaire de jeu privilégié chez BusinessLab, m’a aussi amené à une autre analyse de la réaction d’Abercrombie :

Il faudrait en effet y voir une véritable réaction de courage de la marque. Abercrombie serait l’une des premières marques réellement couillues à revenir sur le devant de la scène avec un vrai projet et une vraie vision qui leur est propre. Des marques s’affranchissant quelques peu de l’emprise communautaire pour dire un grand « merde » à leurs clients et aux icônes qui les représentent pour regagner l’indépendance d’esprit et la singularité qui ont fait leur succès.

Plus la marque me repousse, plus elle m’aime ? Je me demande s’il n’est pas plus facile de comprendre les femmes finalement…

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Retour aux origines

Je suis allé voir la Planète des Singes, les origines. Une nouvelle sortie cinéma qui s’inscrit dans le genre très actuel des films-genèses des grandes figures du cinéma.

Depuis Star Wars Episode 1 traitant de l’avènement de Dark Vador, cet angle narratif continue de passer en revue le « making of » de toutes les super destinées des comics américains. Superman, Spiderman, Daredevil, les Xmen…les scénaristes semblent s’intéresser aujourd’hui beaucoup plus aux bouleversements qui les ont créés qu’à la façon dont ils vont sauver le monde.

Une simple tendance cinématographique ? Pas si sûr. Si on remonte jusqu’aux années 90, on rencontre le concept de traçabilité venu éclairer le mystère de la vache folle et démasquant désormais tous les morceaux de viandes ne dévoilant spontanément pas les noms de leurs fermiers.

D’où ça vient ? Par où c’est passé ? Devons-nous et pouvons-nous faire confiance ? Du sauveur mythique jusqu’au morceau de viande, tout doit maintenant être démasqué, clarifié, expliqué car plus aucun mystère ou sentiment bienveillant ne doit rester dans l’ombre.

C’est un fait : Nous ne supportons plus que les choses nous dépassent. L’excitation de l’imaginaire est devenue la pire des tortures…Vive la désacralisation !

Le danger réside bien sûr dans l’explication des dites origines. Faute d’être vraie, elle peut être basée sur une approche marketing consistant à fournir une origine conforme aux attentes de l’auditoire et donc frôler dangereusement le révisionnisme. On me raconte ce que je veux entendre et j’en suis très heureux…même si je ne suis pas sûr que ce soit la vérité.

Quid alors des super-marques ? Quid de leurs origines ? Depuis quelques années, celles d’Apple sont compilées dans de nombreux livres traitant des méthodes de travail de Steeve Jobs. L’histoire du créateur et sa personnalité expliquant les miracles technologiques dont le monde entier est friand.

Mais d’autres révélations sur les origines sont plus problématiques. Un autre film, The Social Network, a ainsi terni l’image de Mark Zuckerberg et de Facebook. Le scénario des origines du réseau social par excellence et de la soi-disant crédulité de son inventeur quant à son succès a révélé un personnage plutôt calculateur et spéculateur.

L’origine des marques peut ainsi les faire passer du statut de super-héroïne à super-vilaine. On comprend mieux alors pourquoi Coca-Cola hésiterait à révéler sa lointaine origine de détergent…